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SE NOURRIR

Manger équilibré, cinq fruits et légumes par jour, pas trop gras, ni trop sucré. Pas facile tous les jours mais possible et chaudement recommandé ! Ça, normalement, vous le savez déjà.

Ce que vous savez sûrement un peu moins, c’est que nous avons besoin de milliers d’espèces et de variétés pour conserver une alimentation diversifiée et sûre ! Les animaux les plus minuscules jouent des rôles essentiels dans la production des végétaux dont les animaux se nourrissent ! Ils fabriquent le terreau fertile et ils pollinisent les fleurs qui se transforment en fruits… et ils y trouvent aussi leur compte… chacun son rôle et tout le monde est content !

Et surtout, surtout… Si nous mangeons et buvons, c’est grâce à la biodiversité. Les sols par exemple, donnent le la de la plupart de l’agriculture humaine. Favoriser la biodiversité des sols (au passage, on estime à 1% notre connaissance de toutes les bactéries et champignons qui y vivent…) permet donc d’avoir des cultures plus saines, plus résistantes, plus variées. Tout ne pousse pas dans le sol ? Certes, mais où poussent les arbres qui font le reste ?

Là non plus, la biodiversité n’a pas attendu  l’Homme pour jouer une mélodie parfaite. Les organismes vivants ont des rôles clairement identifiés et répartis : les vers de terre, termites, fourmis sont les ingénieurs physiques : ils renouvellent la structure des sols, créent des habitats pour les autres, les nématodes et acariens sont les régulateurs : ils contrôlent l’activité des microorganismes des sols, qui sont, eux, les ingénieurs physiques, et qui assurent la décomposition des matières organiques.

On résume :  sous terre, les vers de terre construisent des habitats pour les acariens et vérifient que toutes les populations aient accès aux bonnes ressources. Les acariens vérifient que tout ce petit monde est bien là où il devrait être et que personne ne prolifère un peu plus que de raison. Les microorganismes décomposent les feuilles des arbres en nourrissant les plantes, qui poussent, et donnent des fruits, que l’Homme mange. Une mélodie sans anicroches en sols majeur.

Notre nourriture est donc le fruit d’une relation entre hommes et nature : au cours des 10 000 dernières années, avec le développement de l’agriculture, la biodiversité n’a fait que s’enrichir, l’homme sélectionnant et créant de nouvelles espèces. Mais pour que cette relation dure, c’est comme l’amour, ça ne doit pas être à sens unique. Or aujourd’hui, l’homme fatigue la biodiversité et épuise ses ressources. En cause ? Surproduction et surconsommation.

Prenons un exemple : autrefois très commune au large de Terre-Neuve, la morue a aujourd’hui presque disparu. La surpêche des années 1960-70 a provoqué un effondrement des stocks et malgré l’interdiction de la pêche quelques années plus tard, ces stocks ne se reconstituent pas. La faute à des techniques de pêche comme le chalutage, qui détruisent les habitats favorables à la reproduction des morues et à la nutrition des poissons les plus jeunes.

Coopérer avec la nature, c’est donc se raisonner et changer nos façons de consommer et de nous nourrir afin de protéger et respecter la biodiversité, dont nous dépendons et dont nous ne sommes modestement qu’un des très nombreux maillons.