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Les zones humides épongent les dégâts

Pour contrer le changement climatique, une des solutions se trouve dans la nature et à la vue de tous : les zones humides. Marais, tourbières, lagunes, mangroves… ces milieux naturels se révèlent être de véritables alliés dans la lutte contre les catastrophes naturelles et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Le changement climatique n’est plus à démontrer. Cette hausse de la température moyenne à la surface de la Terre se traduit aujourd’hui par le réchauffement des océans, la fonte des neiges, la montée rapide et historique du niveau de la mer. Ce réchauffement est dû à l’augmentation des gaz à effet de serre, notamment le CO2, émis par les activités humaines (industrie, transports, agriculture…) et rejetés dans l’atmosphère.

Les zones humides, réservoirs de biodiversité

Un des moyens naturels pour lutter contre le changement climatique est de s’appuyer sur les zones humides, territoires remarquables inondés ou gorgés d’eau douce, saumâtre ou salée. Ces écosystèmes sont de véritables réservoirs de biodiversité où s’épanouit une végétation qui a besoin d’eau pour se développer : lentilles d’eau, joncs, palétuviers…. Les zones humides abritent 30 % des espèces rares et menacées, la moitié des oiseaux et la totalité des grenouilles, tritons et autres amphibiens.

La préservation et la restauration des zones humides sont des « solutions fondées sur la nature », elles rendent, en effet, de nombreux services et ce gratuitement !

Les zones humides stockent naturellement le carbone

Les tourbières, les mangroves et les herbiers marins sont des champions du stockage du carbone. Ils absorbent et emmagasinent ce gaz par le biais de la végétation. Ces milieux retiennent le carbone bien plus longtemps que les forêts, jusqu’à des millénaires contre quelques siècles maximum.

Mention spéciale pour les tourbières, espaces saturés d’eau et formés de matières végétales décomposées, car celles-ci stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts réunies alors qu’elles ne couvrent que 3 % de la superficie de la Terre.

Les zones humides rafraîchissent les milieux urbains

L’artificialisation des sols augmente la température des villes. Brumisateurs naturels, les zones humides présentes en milieu urbain permettent de diminuer la température et de rafraichir l’air tout en créant un espace récréatif et de bien-être.

Les zones humides réduisent les sécheresses et les canicules

Les zones humides absorbent l’eau, dont une partie va s’infiltrer et alimenter les nappes phréatiques. Quand l’eau vient à manquer en période de sécheresse, elles restituent l’eau et permettent ainsi l’alimentation en eau potable, l’agriculture et l’industrie. A titre d’exemple, les villes de Besançon, Clermont Ferrand, Bordeaux ou Lyon sont alimentées en partie par des zones humides.

Les zones humides atténuent les crues et les inondations

En période de crue, les plaines inondables, les prairies humides ou encore les marais sont des milieux naturels inondables qui, tels des éponges, absorbent l’eau et freinent sa circulation, atténuant ainsi les crues et limitant les dégâts dus aux inondations. À titre d’exemple, 46 millions de m3 d’eau sont stockés chaque année par le parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin, une immense zone humide.

Les zones humides protègent les côtes des événements météorologiques extrêmes

Sur le littoral, les vasières, les mangroves et les marais salants forment une barrière naturelle protégeant les côtes des perturbations d’origine marine. Ils permettent notamment d’atténuer les vagues et le vent et de lutter contre l’érosion via les racines des végétaux. Ainsi, lors de tempêtes, les herbiers et les mangroves réduisent de trois fois environ la hauteur des vagues. Grâce à elles, les États-Unis en 2012 ont pu réduire les dégâts de l’ouragan Sandy à hauteur de 10 % et ainsi économiser près de 625 millions de dollars.

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